Dirty Water Records

Taking Music Backwards Into Tomorrow

Mowno.com: Johnny Mafia "Princes de l'Amour"

A l’automne 2016, les bourguignons de Johnny Mafia déboulaient avec leurs airs de rockeurs tout juste dépucelés et Michel Michel Michel, un excellent premier album à la ceinture malgré des références clairement évidentes les obligeant à prouver qu’ils n’étaient pas seulement là pour sucer la roue de leurs ainés californiens. Deux ans plus tard, tout a changé : le groupe a saisi le message, avalé les kilomètres, et convaincu tous ceux qui pouvaient l’être, du public aux plus grands festivals, en passant par les ‘professionnels’ du milieu, bien heureux de mettre le grappin dessus et accrocher cette nouvelle référence à leur tableau de chasse. Passé en un temps record de mafieux inoffensifs à jeunes et redoutables parrains incarnant le punk garage américain à la française, Johnny Mafia atterrit chez Dirty Water, label anglo-américain, avec un Princes de l’Amour produit par Jim Diamond (White Stripes, The Dirtbombs, The Sonics), évitant les pièges du deuxième opus souvent décevant à force de trop vouloir faire mieux.

Sauf que rien n’est forcé chez Johnny Mafia qui se contente de tracer sa route et nourrir son plaisir d’aligner les tubes, en laissant son talent naturel faire le reste. Sans se débarrasser totalement des quelques ressemblances ayant contribué à façonner leur punk garage et qu’ils respectent avant tout, ces jeunes fougueux affichent ici une telle facilité qu’on finirait presque par leur attribuer les quelques ficelles familières qu’ils tirent ici ou là. Toujours est il que Princes de l’Amour ne souffre d’aucun faux pas. Fort de son homogénéité, l’album n’est plombé par aucune longueur, aucun titre sans réel intérêt, et peut encore compter sur cette fraicheur et cette spontanéité qui vous pètent à la gueule du premier au dernier de ses puissants accords.

Mais c’est en grattant cet épais vernis pourtant loin d’être lisse qu’on mesure pleinement la profondeur atteinte par les nouvelles compositions de Johnny Mafia : ses voix qui s’harmonisent plus que jamais (Big Brawl) et adressent des clins d’oeil nettement plus francs à la pop (On The Edge, The Shelf), ses soli de guitare habités, affutés et assez incontrôlables pour s’en aller fouler des terrains plus psychédéliques (Ride), et surtout ses mélodies évidentes car imparables. Et il y en a pléthore tout au long de ce disque qui restera certainement pour les fans celui des ACO, Secret Story ou Sun 41, et encore plus des Crystal Clear et Justify, deux morceaux appelés à faire des Princes de l’Amour des tombeurs de tout âge.


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